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Le bore-out ou l'ennui au travail

C'est le contraire du burn-out mais les mêmes conséquences. Un article vraiment très intéréssant à ce sujet se trouve sur le site de workopolis.com, dont une copie est disponible ci-dessous:

 

Le bore-out ou comment surmonter l'ennui au travail?

Mathieu Guénette c.o, m.ed,
Consultant en psychologie organisationnelle,

Monday, September 22, 2008

Question :
Je réalise que, depuis un certain temps, je m'ennuie à mon travail. Il y a des journées où je n'ai absolument rien à faire. J'ai entendu parler du bore-out. Est-ce que cela peut être en lien avec ma situation?

Réponse :
Le bore-out ou succomber au mortel ennui
Au début des années 1970, les experts du travail ont commencé à parler du phénomène du burn-out. Le burn-out ou épuisement professionnel est relié à une surcharge de travail ou à un surinvestissement et touche souvent des personnes qui effectuent un travail exigeant un engagement professionnel important.

À priori, le bore-out apparaît comme étant le contraire du burn-out : les difficultés qu'il engendre sont reliées à un manque de travail ou à la réalisation de tâches ne demandant aucune stimulation et, donc, ne générant pratiquement aucun stress. Pourtant, les conséquences de l'un comme de l'autre sont semblables. En effet, les victimes du bore-out comme du burn-out peuvent vivre un manque important de motivation et sentir que leur travail perd de son sens. Étrangement, les victimes du bore-out peuvent aussi ressentir beaucoup de fatigue.

Le concept du bore-out est apparu pour la première fois en 2007 dans l'ouvrage Diagnosis Boreout rédigé par Peter Werder et Philippe Rothlin, deux consultants en management. Les auteurs en décrivent non seulement les impacts sur les victimes (le manque de stimulation intellectuelle et la perte d'estime personnelle), mais aussi les mécanismes qui leur permettent de composer avec la situation.

Par peur de perdre leur emploi, pour préserver leur image ou pour éviter de se voir attribuer de nouvelles tâches ennuyeuses, les victimes du bore-out peuvent chercher à avoir l'air occupé. Afin de demeurer stimulées, certaines tentent de s'évader en meublant leur temps de façon non-productive (clavardage, achat sur internet) ou s'investissent à fond dans des activités extraprofessionnelles (écriture d'un livre, gestion à distance d'une entreprise personnelle). D'autres peuvent étirer certaines tâches ou se dépêcher d'accomplir leur travail pour pouvoir passer à autre chose. Certaines personnes adoptent des comportements passif-agressifs : elles expriment leur agressivité de manière indirecte et favorisent l'évitement en situation conflictuelle.

Par ailleurs, les travailleurs se sentent souvent coincés dans un paradoxe. D'un côté, ils se plaignent d'un manque de stimulation et se sentent coupables de ne pas travailler ou de s'adonner à des activités qui ne sont pas en lien avec leur emploi, mais de l'autre, ils en viennent à trouver des moyens pour continuer d'en faire le moins possible et éviter qu'on leur confie d'autres tâches.

Ceux qui n'ont rien à faire
Dans sa chanson Les 100 000 façons, Félix Leclerc disait, en parlant du chômage, que la meilleure façon de tuer un homme était de le payer à ne rien faire. Lorsqu'on analyse le marché du travail, on réalise qu'il n'y a pas seulement que les chômeurs qui sont payés à ne rien faire.

En effet, pour diverses raisons, de nombreux travailleurs ont peu de travail à faire. Par exemple, plusieurs personnes affectées au service à la clientèle peuvent répondre à seulement 3 ou 4 demandes de quelques minutes dans une journée.

Selon l'étude menée auprès de 10 000 employés par Werder et Rothlin, 33 % des travailleurs disent gaspiller au moins 2 heures sur une journée de 8 heures, soit le quart de leur temps.

Ceux qui trouvent leurs tâches ennuyeuses

Certaines personnes sont très occupées mais effectuent un travail qui leur semble très routinier, soit parce que la tâche est effectivement routinière ou parce qu'elle ne présente plus le moindre défi et qu'elle n'est plus source d'apprentissage. La personne effectue alors son travail par habitude et a le sentiment d'agir « sur le pilote automatique ».

Il est important d'ajouter que la notion de routine est en partie subjective. La perception de la routine peut être suscitée par un besoin personnel de stimulation. Certaines personnes doivent se trouver constamment en situation de changement pour se sentir bien. La perception de routine peut également être liée aux intérêts professionnels. Ainsi, un mécanicien passionné par son travail portera attention à certains détails qui lui procureront le sentiment qu'il effectue un travail varié. Toutefois, son collègue qui accomplit essentiellement le même travail sera moins sensible à ces variations et aura l'impression de toujours effectuer bêtement les mêmes actions.

Certains cas de bore-out peuvent donc être attribués davantage à une problématique d'orientation professionnelle qu'à un emploi inadapté.

Les questions à se poser

Il importe de découvrir quelle est la source réelle du problème et si la situation peut être corrigée. Il peut être profitable d'avoir une conversation franche avec son patron pour envisager avec lui des pistes de solution. Il se peut toutefois que le malaise soit tellement profond qu'un changement majeur s'impose. Il se peut enfin que le problème ne soit pas relié au travail : une personne en dépression ressentira de l'ennui, peu importe sa situation.

Il apparaît crucial, lorsqu'on occupe un emploi qui ne nous convient pas ou qui n'est pas lié à nos champs d'intérêts, d'agir pour remédier à la situation, par exemple en consultant un conseiller d'orientation. Certes, tout changement demande une certaine énergie. Mais souvent, le fait de penser aux nombreuses années de travail qu'il nous reste peut nous aider à entreprendre une démarche constructive.

Pour plus de renseignements sur ce sujet ou si vous avez des suggestions à soumettre, n'hésitez pas à écrire à communication@spb.ca